Jean-paul Belmondo - 2ème partie -

 Jean-Paul Belmondo (2ème partie)

par Josselin Deniau


   Avant de revisiter la filmographie de l’acteur, je veux faire mention de ses premières expériences de comédien, sur les planches donc. Ceux qui ne seront pas curieux pourront commencer leur lecture au paragraphe suivant. Pour les autres, voici la liste des pièces de théâtre auxquelles Jean-Paul Belmondo a participé :
   1950, La Petite Hutte (d'André Roussin), mise en scène Jean-Paul Belmondo et Guy Bedos ;
   1950, Mon ami le cambrioleur (d'André Haguet), mise en scène Jean-Paul Belmondo et Guy Bedos ;
   1950, La Belle au bois dormant (de Charles Perrault) ;
   1952, Gloriana sera vengée (de Cyril Tourneur) ;
  

1953, La Reine blanche (de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy), mise en scène Jean Meyer ;
   1953, Zamore (de Georges Neveux), mise en scène André Barsacq ;
   1953, Médée (de Jean Anouilh), mise en scène André Barsacq ;
   1953, La Jalousie du barbouillé (de Molière), mise en scène Jean Vernier ;
   1953, Le Mariage forcé (de Molière), mise en scène Jean Vernier
   1953, Lully, mise en scène Jean Vernier ;
   1953, La Locandiera (de Carlo Goldoni) ;
   1954, Les Boulingrin (de Georges Courteline) ;
   1954, Le Malade imaginaire (de Molière) ;
   1954, L'Avare (de Molière) ;
   1954, Le Commissaire est bon enfant (de Georges Courteline) ;
   1954, George Dandin ou le Mari confondu (de Molière), mise en scène Michel Galabru ;
   1954, Crinolines et guillotine (d'Henry Monnier), mise en scène Christine Tsingos ;
   1954, Andalousie (opérette d'Albert Willemetz et Raymond Vincy), musique Francis Lopez ;
   1954, Les Précieuses ridicules (de Molière), mise en scène Michel Galabru ;
   1954, Le Médecin malgré lui (de Molière), mise en scène Michel Galabru ;
   1954, Les Plaideurs (de Racine), mise en scène Georges Leroy ;
   1955, Fantasio (d'Alfred de Musset), mise en scène Julien Bertheau ;
   1955, L'Annonce faite à Marie (de Paul Claudel), mise en scène Julien Bertheau ;
   1956, L'Hôtel du libre échange (de Georges Feydeau), mise en scène Jean-Pierre Grenier ;
   1956, César et Cléopâtre d('après George Bernard Shaw).

   En 1956, Jean-Paul Belmondo fait ses premiers pas sur la scène cinématographique avec « Molière », un court-métrage de Norbert Tildian. L’acteur ne délaissera jamais vraiment le théâtre, revenant plusieurs fois sur les planches dans les pièces suivantes :
   1957, La Mégère apprivoisée (de William Shakespeare) ;
   1958, Oscar (de Claude Magnier), mise en scène Jacques Mauclair ;
   1959, Trésor party (de Bernard Régnier) ;
   1987, Kean (de Jean-Paul Sartre d'après Alexandre Dumas), mise en scène Robert Hossein ;
   1990, Cyrano de Bergerac (d'Edmond Rostand), mise en scène Robert Hossein ;
   1993, Tailleur pour dames (de Georges Feydeau), mise en scène Bernard Murat ;
   1996, La Puce à l'oreille (de Georges Feydeau), mise en scène Bernard Murat ;
   1998, Frédérick ou le boulevard du crime (d'Éric-Emmanuel Schmitt), mise en scène Bernard Murat.
Filmographie :


« À pied, à cheval et en voiture »
Réalisé par Maurice Delbez (1957) – Genre : comédie – Durée : 1h25
Avec Noël-Noël, Darry Cowl, Sophie Daumier, Noël Roquevert, Jean Tissier, Denise Grey, Jacques Fabri, Aimé Clariond, Gil Vidal, Jean Galland, Jean-Pierre Cassel et Jean-Paul Belmondo

Synopsis :
Léon Martin, modeste comptable dans une entreprise de pompes funèbres, mène une vie paisible jusqu’au jour où sa fille tombe amoureuse d’un jeune et riche aristocrate qu’elle veut épouser. Ce mariage, prévu en Sologne, oblige Léon Martin à acheter une voiture, lui qui est si réfractaire à l’automobile. Les ennuis commencent…

Critique :
Un premier film très prometteur. Jean-Paul Belmondo nous livre une interprétation aussi juste que spontanée. Il est taillé pour le cinéma. Jouer est pour lui une seconde nature, aucun doute à ce sujet. L’acteur fait montre d’un talent indéniable, et c’est avec plaisir qu’on regarde ce vieux film plein d’énergie et de bonne humeur.

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« Les copains du dimanche »
Réalisé par Henri Aisner (1957, diffusé à la tv en 1967) – Genre : comédie – Durée : 1h21
Avec Jean-Paul Belmondo, Julien Bertheau, Marc Cassot, Yves Deniaud, Paul Frankeur, Evelyne Ker et Michel Piccoli

Synopsis :
Trebois vit seul avec sa mère et travaille dur à l’usine pendant la semaine. Il occupe ses week-ends en allant camper avec ses copains ouvriers ou en sortant au bal musette. Mais son rêve serait de monter un aéro-club avec Casti, Raf et quelques passionnés. La bande de copains décide alors de remettre en état un vieil avion avec les moyens du bord…

Critique :
Quelle merveilleuse surprise ! Ce petit film sans prétention se révèle être un pur moment de bonheur. Jean-Paul Belmondo y est remarquable de sincérité. On se laisse porter par cette bande de copains réunis autour d’un projet plus grand qu’eux. Simplement magnifique.

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« Sois belle et tais-toi »
Réalisé par Marc Allégret (1958) – Genre : policier – Durée : 1h37
Avec Henri Vidal, Mylène Demongeot, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Roger Hanin, Béatrice Altariba, René Lefèvre, Anne Collette et Darry Cowl

Synopsis :
Virginie, évadée récidiviste d’une maison de redressement, fait la rencontre de petits truands à la solde d’un voleur professionnel. Elle découvre vite que ses nouvelles relations sont les auteurs du cambriolage d’une bijouterie place Vendôme. Au volant de la voiture volée qui a servi au casse, Virgine est arrêtée par la police. Au commissariat, elle tombe sous le charme d’un homme, l’inspecteur Jean Morel, qu’elle prend pour un parrain du « milieu ».

Critique :
Un polar efficace et bien mené, solidement interprété par une pléiade d’acteurs talentueux. Jean-Paul Belmondo et Alain Delon jouent ensemble pour la première fois, et le tandem fonctionne à merveille. Comme quoi il n’y a pas besoin d’une succession de poursuites effrénées et de fusillades incessantes pour retenir l’attention du spectateur.

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« Les tricheurs »
Réalisé par Marcel Carné (1958) – Genre : drame – Durée : 1h58
Avec Pascale Petit, Andréa Parisy, Jacques Charrier, Laurent Terzieff, Armontel, Roland Lesaffre et Jean-Paul Belmondo

Synopsis :
Bob, fils de famille, rencontre par hasard Alain, étudiant lui aussi. Une sympathie immédiate naît entre eux. Bob l’emmène à une surboum chez Clo, la fille d’un diplomate. Ils deviennent amants mais Alain tombe amoureux d’une autre fille de la bande, Mic’. Feignant l’indifférence, ces deux jeunes gens vont apprendre à leurs dépens combien l’orgueil et l’hypocrisie peuvent être synonymes de destruction.

Critique :
Quand on réalise que l’amour passionné est possible et qu’on passe à côté, par fierté, par maladresse, ou par erreur, on se trouve face à un gâchis douloureux. Oui, ce film fait mal. Avoir le bonheur à portée de mains et ne pas le saisir, c’est aussi stupide que tragique. Ce film est beau, dur, sans compromis.

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« Un drôle de dimanche »
Réalisé par Marc Allégret (1958) – Genre : drame / comédie – Durée : 1h30
Avec Bourvil, Danielle Darrieux, Arletty, Jean-Paul Belmondo, Roger Hanin, Cathia Caro, Jean Wall, Fernand Sardou, Jean Lefèbvre et Jean Carmet

Synopsis :
Depuis cinq ans, Jean Brévent, rédacteur au journal « Publi-Paris », se remet difficilement du départ de sa femme, Catherine. Un jour, il la rencontre par hasard dans un autobus. Nostalgique de sa vie passée, Jean découvre que Catherine a refait sa vie. Jaloux, il échafaude une vengeance et invite le couple à passer un week-end dans la maison de campagne d’une amie, Mme Harmier. Suspectant les intentions de Jean, cette dernière décide, à l’aide de sa fille et de son gendre Patrick, de les suivre…

Critique :
Oscillant entre drame et comédie, ce film est particulièrement touchant, notamment grâce au jeu magique de Bourvil qui distille tristesse et sourire avec cette manière bien à lui de donner tant d’expression à son visage, ses yeux, ses mimiques, tous les gestes qu’on lui connaît. Jean-Paul Belmondo ne dépareille pas, fidèle à son génie. Ce film à une saveur sucrée-salée, diffusant à la fois douceur et amertume, et le mélange est réussi.

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« Charlotte et son Jules »
Réalisé par Jean-Luc Godard (1958, sorti en 1961) – Genre : court-métrage – Durée : 0h13
Avec Jean-Paul Belmondo et Anne Colette

Synopsis :
Constitué d'un monologue (Jean-Paul Belmondo, alors retenu par l’armée en Algérie, a été doublé par la voix de Jean-Luc Godard au moment de la post-synchronisation), ce court-métrage, ironique, cynique et acerbe, est entièrement tourné dans une chambre, avec quelques plans d’extérieur montrant l’ami de Charlotte, dans sa voiture, attendant le retour de celle-ci. Jules fait la morale à Charlotte qui ne dit mot, laissant son jules parler seul et lui faisant de jolies grimaces.

Critique :
Ce court-métrage est précurseur : il annonce indubitablement un autre film de Jean-Luc Godard, « À bout de souffle ». Pour ceux qui ont vu ce dernier film, essayez de regarder « Charlotte et son Jules », vous reconnaîtrez, au cours du monologue débité dans cette petite chambre, les prémices du des chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard.

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« Les Trois Mousquetaires »
Réalisé par Claude Barma (1959) – Genre : téléfilm – Durée : xhxx
Avec Jean-Paul Belmondo, Daniel Sorano, Jean Chevrier, Michel Galabru

Synopsis :
En 1630, les mousquetaires du roi, commandés par M. de Tréville, ont maille à partir avec les hommes du parti de Richelieu. D'Artagnan arrive et se joint à Athos, Porthos et Aramis pour défendre l'honneur de la Reine contre les funestes entreprises de Rochefort, de Milady et de Richelieu.

Critique :
Cette adaptation de l’œuvre d’Alexandre Dumas a été faite d’après la pièce, et non d’après le roman, ce qui explique son côté très théâtral. Bénéficiant de moyens considérables pour l’époque et d’acteurs talentueux, ce film souffre néanmoins des affres du temps : en d’autres termes, il a mal vieilli. Il n’a pas eu la chance de se bonifier avec les années tel un grand cru.

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« Mademoiselle Ange »
Réalisé par Géza von Radvanyi (1959) – Genre : drame – Durée : 1h24
Avec Henri Vidal, Romy Schneider, Jean-Paul Belmondo, Michèle Mercier, Jean Tissier, Jean Brochard, Paulette Dubost, Margerete Haagen, Ernst Waldow et Erika Thellman

Synopsis :
Une hôtesse de l’air tombe follement amoureuse de Pierre Chaillot, un coureur automobile. Mais celui-ci est déjà épris d’une princesse hautaine et sans cœur qui l’abandonne le jour de son mariage. Pierre décide d’en finir avec la vie. C’est alors que son ange gardien lui apparaît sous les traits de l’hôtesse de l’air pour l’empêcher de commettre l’irréparable…

Critique :
Un film qui fait preuve d’originalité, en dépit du thème amoureux très commun. Et Romy Schneider (ah ! Romy Schneider…) est merveilleuse comme dans tous ses films. Henri Vidal et Jean-Paul Belmondo, fidèles à eux-mêmes, nous livrent une interprétation admirable. Ici, l’espoir se mêle au désespoir, l’amour au désamour, et ce avec éclat.

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« À double tour »
Réalisé par Claude Chabrol (1959) – Genre : drame – Durée : 1h34
Avec Antonella Lualdi, Madeleine Robinson, Vernadette Lafont, Jean-Paul Belmondo, Jeanne Valérie, Jacques Dacqmine, André Jocelyn et Mario David

Synopsis :
Henri Marcoux vit à Aix-en-Provence avec sa femme Thérèse et leurs deux enfants. Il entretient une liaison avec la jeune Léda. Thérèse fermerait les yeux sur cet adultère si leur fille Elisabeth n’était pas éprise de Làszló, jeune Hongrois instable et libertin qui encourage Henri à tromper sa femme. Un matin, Léda est retrouvée assassinée…

Critique :
Un suspense exceptionnel pour un drame conjugal sans surprise. Claude Chabrol habille son film d’une mise en scène remarquable, à la fois sombre et lumineuse, subtile et chargée de tension. Et pour mener à bien cette intrigue, il s’est entouré de comédiens aux talents certains.

 

 Prochain article : Jean-Paul Belmondo (3ème partie, suite de la filmographie)

 
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