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Jean-Paul Belmondo - 3ème partie -
par Josselin Deniau Suite de la « visité guidée » des films du grand Bébel. Tout le monde est là ?
« À bout de souffle » Réalisé par Jean-Luc Godard (1960) – Genre : drame / polar – Durée : 1h29 Avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg
Synopsis : À Marseille, Michel Poiccard, un jeune voyou, vole une voiture et tue le motard qui le poursuivait. À Paris, il retrouve Patricia, une jeune américaine qui vend le « New York Herald Tribune ». Il lui propose de le suivre en Italie… Critique : À bout de souffle a été tourné en moins d’un mois, d’après un scénario de François Truffaut. Considéré comme le film symbole de la Nouvelle Vague, il repose sur une véritable liberté (liberté de ton, de narration, de mouvement) qui lui confère un caractère avant-gardiste. On aime ou on n’aime pas, mais il faut le voir au moins une fois. C’est un incontournable. * « Classe tous risques » Réalisé par Claude Sautet (1960) – Genre : polar – Durée : 1h50 Avec Lino Ventura, Sandra Milo, Jean-Paul Belmondo, Marcel Dalio, Claude Serval, Jacques Dacqmine, Bernard Dheran, Michel Ardan, Michèle Meritz Synopsis : Recherché par toutes les polices, Abel Davos erre de casse en casse, de Milan à Nice. Grâce à la complicité d’un jeune inconnu, Éric Starck, il remonte à Paris pour régler ses comptes… Critique : Ventura et Belmondo forment ici un tandem de choc, plongé dans une intrigue policière qui ne laisse que peu d’issues. Alors on reste là, figé devant l’écran, craignant pour la vie de ces voyous attachants, et attendant fébrilement un dénouement que l’on sait inévitable. * « Moderato Cantabile » Réalisé par Peter Brook (1960) – Genre : drame / romance – Durée : 1h31 Avec Jeanne Moreau, Jean-Paul Belmondo, Jean Deschamps, Didier Haudepin, Pascale de Boysson, Valérie Dobuzinsky et Colette Régis Synopsis : Anne Desbaredes, femme d’un industriel bordelais, s’ennuie. Son fils de huit ans, Pierre, est sa seule raison de vivre. Elle reporte sur lui toute sa tendresse. Pendant que son enfant travaille « Moderato Cantabile », une sonatine au piano, un cri déchirant vient troubler la leçon : une femme vient d’être assassinée dans le café voisin. Anne, témoin de ce crime passionnel fait à cette occasion la connaissance de Chauvin, un ouvrier de son mari, de qui elle va tomber amoureuse… Critique : Adapté du roman de Marguerite Duras, cette romance interdite laisse un goût d’amertume. Certes le film a vieilli, les mœurs ont changé, mais le thème reste somme toute indémodable. L’amour interdit a toujours existé, existera toujours. Et ça fait toujours aussi mal… Le duo Belmondo / Moreau habite ces personnages tragiques, nous donnant à voir la douleur de leurs sentiments face à l’impossibilité de les partager… * « La Française et l’Amour » Réalisé par Henri Decoin, Jean Delannoy, Michel Boisrond, René Clair, Henri Verneuil, Christian-Jaque, Jean-Paul Le Chanois (1960) – Genre : comédie / sketch – Durée : 2h23 Avec Darry Cowl, Micheline Dax, Noël Roquevert, Annie Sinigalia, Pierre Mondy, Valérie Lagrange, Claude Rich, Marie-José Nat, Jacques Fabri, Yves Robert, Paul Meurisse, Jean-Paul Belmondo, Annie Girardot, Denise Grey, Francis Blanche, Jean Poiret, Paulette Dubost, Michel Serrault, Robert Lamoureux, Claude Piéplu, Sylvia Montfort, François Perrier Synopsis : Sept sketches sur les étapes de la vie amoureuse des femmes françaises dans les années 1960. 1. L’enfance : Gisèle, petite fille de neuf ans, demande à ses parents « comment viennent les enfants ». Les parents, hésitants sur la manière de lui répondre, sollicitent l’aide du voisinage (le concierge de l’immeuble, un enseignant, un colonel, une prostituée…) 2. L’adolescence : Bichette ressent ses premiers émois d’adolescente. D’abord effarouchée devant le médecin de famille appelé en renfort, elle le sera ensuite beaucoup moins le jour où, en vacances à la plage, elle rencontrera par hasard le même médecin à moitié nu. 3. La virginité : Ginette, fiancée à François, voudrait attendre d’être mariée pour passer à l’acte, ce qui contrarie son fiancé. 4. Le mariage : Line et Charles, tout juste mariés, prennent le train vers leur voyage de noces. Ils commencent déjà à se disputer pour des bêtises. 5. L’adultère : Nicole s’ennuie. Son mari, Jean-Claude, est un homme imbu de sa personne. Elle commence à flirter avec Gilles, un jeune dragueur. Le mari découvre leur relation et s’arrange pour y mettre fin tout en continuant, de son côté, à entretenir ses discrètes relations adultères. 6. Le divorce : Danielle et Michel décident de divorcer en se promettant de rester en bons termes. Mais les avocats ne voient pas les choses du même œil : ils vont transformer cette bonne entente en une lutte sans merci. 7. La femme seule : Trois femmes seules vont être dépouillées de leur fortune par un séducteur escroc du nom de Désiré. Critique : Cet ensemble de petits films est particulièrement excellent. Souvent satirique, toujours vraie, cette comédie se montre aussi plaisante qu’empreinte d’une réalité atemporelle encore valable cinquante ans plus tard. Sans mauvais jeu de mots, ça vaut le coup d’œil ! * « Les Distractions » Réalisé par Jacques Dupont (1960) – Genre : polar – Durée : 1h24 Avec Jean-Paul Belmondo, Alexandra Stewart, Sylva Koscina, Claude Brasseur, Eva Damien, Corrado Guarducci, Linda Sini, Jacques Jouanneau, Mireille Darc, Yves Brainville, Raymond Pelissier Synopsis : Paul, reporter-photographe se « distrait » dans la vie grâce à son travail, sa voiture, ses bibelots, les filles qu’il rencontre. Un jour, on lui demande de venir photographier un malfaiteur qui vient de tuer un agent de police. Paul reconnaît alors, sur les papiers de ce dernier, Laurent avec qui il s’était lié d’amitié à l’époque de la guerre d’Algérie et à qui il doit la vie… Critique : Une histoire bien menée et bien interprétée. Un film efficace. On pourrait reprocher un manque de richesse dans les personnages dont la psychologie est somme toute assez sommaire. J’entends par là que le passé des deux jeunes gens n’est pas suffisamment exploité. Mais pour un scénario qui se résume à « tu m’as sauvé en Algérie, à moi de te sauver ici et maintenant », peut-être n’est-il pas nécessaire de mettre en scène des personnages dotés d’une grande profondeur. * « La Viaccia » ou « Le Mauvais Chemin » Réalisé par Mauro Bolognini (1960) – Genre : drame – Durée : 1h40 Avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale, Romolo Valli, Gabriella Pallotta, Pietro Germi, Paul Frankeur, Marcella Valeri, Emma Baron, Gina Sammarco Synopsis : 1880. Amerigo, un jeune paysan de Toscane, quitte sa campagne natale pour la ville. Là, il travaille chez son oncle, négociant en vins. Tombé follement amoureux d’une prostituée nommée Bianca, il fait tout pour subvenir à ses besoins, allant même jusqu’à puiser dans l’héritage de son oncle qui finit par le renvoyer. Amerigo devient alors videur dans la maison close où travaille Bianca. Critique : Une petite merveille ! Jean-Paul Belmondo incarne avec superbe ce jeune homme fou d’amour pour une jeune femme dont l’amour est le métier. Le duo qu’il forme avec Claudia Cardinale est vraiment touchant, tragique aussi. Oui, c’est un beau film. * « La Ciociara » ou « La Paysanne aux pieds nus » Réalisé par Vittorio De Sica (1960) – Genre : drame – Durée : 1h40 Avec Sophia Loren, Jean-Paul Belmondo, Eleonora Brown, Carlo Ninchi, Andrea Checchi, Pupella Maggio, Emma Baron, Bruna Cealti, Antonella Della Porta, Mario Frera Synopsis : Rome, 1943. Après un violent bombardement, Cesira, une jeune veuve, décide de rejoindre son village natal de Santa Eufemia pour y mettre à l’abri sa fille de treize ans, Rosetta. Avant de partir, elle demande à son voisin, Giovanni, de gérer son épicerie en attendant son retour. Il accepte moyennant une nuit passée avec elle. Une fois en chemin, la mère et la fille connaissent un voyage éprouvant. Elles atteignent finalement le village où, installées dans une misérable chambre, elles attendent la fin de la guerre. Cesira se lie d’amitié avec Michel, un jeune enseignant et pacifiste convaincu. Sans se l’avouer, ils s’aiment. Rosetta devient jalouse de cette relation. Critique : Encore un très beau film. Sophia Loren est simplement talentueuse, magnifique dans le rôle de cette femme blessée et toujours forte. On est profondément touché par son jeu, et par cette fin aussi inattendue que brutale. Il y a dans cette histoire et dans ces personnages une dureté qui tient aux incessantes épreuves de la vie. Et la douceur cottoie la violence. Et la violence piétine la douceur. * « Léon Morin, prêtre » Réalisé par Jean-Pierre Melville (1961) – Genre : drame – Durée : 1h52 Avec Jean-Paul Belmondo, Emmanuele Riva, Patricia Gozzi, Irène Tunc, Nicole Mirel Synopsis : Une petite ville de province, sous l’Occupation. Barny, jeune femme dont le mari a été tué à la guerre, vit avec sa petite fille France. Ancienne militante communiste, elle trouve la religion ridicule et décide de le dire au premier prêtre venu. Ce prêtre, ce sera le jeune Léon Morin… Critique : Jean-Pierre Melville nous livre ici l’une de ses plus belles pièces, une œuvre vraie, authentique, intelligemment inscrite dans un contexte historique parfaitement reproduit. Les personnages sont travaillés et nous donnent à voir leur sensibilité. Un film attachant, et passionnant. * « La Novice » Réalisé par Alberto Lattuada (1961) – Genre : drame – Durée : 1h25 Avec Jean-Paul Belmondo, Pascale Petit, Massimo Girotti, Lilla Brignone, Hella Petri, Emilio Cigoli, Alice Sandro, Elsa Vazzoler Synopsis : Le jour de ses vœux, Rita, jeune novice, s’évanouit devant l’autel. Don Paolo, son confesseur, a reçu une lettre anonyme mettant en doute la sincérité de la foi de la jolie jeune femme. Contrainte de révéler la vérité, Rita avoue qu’elle entretenait une relation avec un homme. Apprenant que son amant était également celui de sa mère, elle l’a assassiné… Critique : Cette fois c’est Pascale Petit qui nous captive et nous submerge, belle et fragile, pieuse et criminelle. Jean-Paul Belmondo, fidèle à lui-même, habite son personnage. La mise en scène est élégante, parfaitement maîtrisée. * « Une femme est une femme » Réalisé par Jean-Luc Godard (1961) – Genre : comédie – Durée : 1h21 Avec Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Jean-Claude Brialy Synopsis : Angela veut un enfant à tout prix, mais son mari, Émile, lui refuse. En désespoir de cause, elle lui fait croire qu’elle a demandé à leur ami Alfred de lui rendre ce service et qu’il a accepté. Émile, pris au piège, accède au désir de sa femme. Critique : Certains diront : « Godard, on aime ou on n’aime pas ». Et ils n’auront pas tout à fait tort. Mais pas vraiment raison non plus. Ce nouveau film de Jean-Luc Godard peut partager. Mélangeant les genres tels que la comédie, le théâtre, ou la comédie musicale, il entre assurément dans la catégorie « cinéma moderne et avant-gardiste ». On a là une sorte de commedia dell’arte, mettant à mal l’univers traditionnel du cinéma français. Pas toujours évident d’accrocher. Pourtant, il faut bien reconnaître à ce film (et donc au réalisateur) beaucoup de génie. Quant au trio de personnages, il fonctionne à merveille. * « Un nommé La Rocca » Réalisé par Jean Becker (1961) – Genre : drame – Durée : 1h43 Avec Jean-Paul Belmondo, Christine Kaufmann, Béatrice Altariba, Mario David, Jean-Pierre Darras, Jean Gras, Henri Virlojeux, Nico, Michel Constantin Synopsis : De retour à Marseille, Roberto La Rocca retrouve son amie Maude, prostituée, sous la coupe du caïd Villanova. Elle lui apprend que son ami Xavier Adé a été arrêté pour meurtre… Critique : À mes yeux un film excellent, avec une ambiance remarquablement retranscrite, presque palpable. Une réalisation irréprochable, des acteurs vraiment talentueux… Le tout sublimé par un mélange de dureté et de fraternité. Prochain article : Jean-Paul Belmondo (4ème partie, suite de sa filmographie) |